Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 136 – Les Réseaux Sociaux : temple de la vérité… ou supermarché du mensonge ?

Bienvenue dans le monde merveilleux des réseaux sociaux, où l’authenticité est une option premium et où la modération a des standards… flexibles.

Les faux comptes officiels : une tradition bien établie

Qui n’a jamais tombé sur un compte Twitter, Facebook ou Instagram arborant fièrement le petit badge bleu (ou gris, selon l’humeur de l’algorithme) d’une personnalité ou d’un organisme connu… pour se rendre compte, après une rapide vérification, qu’il s’agit d’un faux grossier ?

Pire encore : ces pages, souvent créées par des fans un peu trop zélés ou des farceurs un peu trop inspirés, prospèrent sans aucune vérification sérieuse. Les réseaux sociaux, ces gardiens auto-proclamés de la vérité, semblent avoir un don particulier pour ignorer ces imposteurs. « Oh, mais c’est juste un compte parodique ! » nous diront-ils, alors que le compte en question diffuse de fausses informations comme on respire.

Et que dire des organismes officiels qui voient leur identité usurpée sans que rien ne soit fait ? « Signalez-le ! » nous conseillent les plateformes. Oui, bien sûr. Entre deux publicités ciblées et trois notifications de likes sur vos photos de chat, on a le temps.


La rigueur sélective : un art maîtrisé

Mais attention, chers internautes, ne vous avisez surtout pas de dénoncer ces pratiques. là, les réseaux sociaux passent en mode « zéro tolérance ». Un post ironique pointant du doigt ces faux comptes ? Supprimé. Un meme moqueur sur la modération à deux vitesses ? Banni. Un compte qui ose critiquer la plateforme elle-même ? Suspendu sans avertissement.

C’est magique : les faux comptes officiels peuvent fleurir comme des champignons après la pluie, mais un simple citoyen qui ose lever le petit doigt est immédiatement réduit au silence. « Violation des conditions d’utilisation », nous explique-t-on, avec un sérieux qui force l’admiration.


Pourquoi une telle clémence ?

La réponse est simple : l’argent. Les faux comptes génèrent du trafic, des interactions, des données à monétiser. Les dénonciateurs, eux, ne rapportent rien. Pire, ils risquent de faire tache sur la belle image lissée que les réseaux sociaux veulent donner.

Alors, chers amis, la prochaine fois que vous tomberez sur un « Elon Musk Officiel (mais pas vraiment) » ou un « Ministère de la Vérité (version non vérifiée) », souvenez-vous : sur les réseaux sociaux, l’officiel est optionnel, mais la censure, elle, est bien réelle.


Et vous, combien de faux comptes officiels avez-vous croisés cette semaine ?

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